Source : Fichiers fonciers - Cerema - 2024
La qualité du parc de logements privés
dans le département de l’Allier
Introduction
Réalisée par l’Observatoire départemental de l’habitat de l’Allier, cette note thématique dresse un panorama de la qualité du parc de logements privés dans le département. Elle s’ouvre sur un rappel des caractéristiques générales de ce parc (volume, typologie des logements, époque de construction, ancienneté d’emménagement des ménages) avant d’exploiter la base constituée par l’ADEME, qui regroupe l’ensemble des diagnostics de performance énergétique réalisés depuis le 1er juillet 2021. Cette première approche permet ainsi de mieux comprendre la distribution des étiquettes de performance énergétique et de poser les limites de l’analyse.
À la date de publication de cette note, 69 143 diagnostics de performance énergétique ont été réalisés sur des logements existants dans le parc privé, ce qui représente 34 % des logements du parc privé (203 267 au 1er janvier 2024).
Pour la bonne compréhension des analyses qui vont suivre, il faut retenir que seuls les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 sont comptabilisés et que seuls les logements existants sont pris en compte (un logement existant désigne un bien immobilier déjà construit et achevé depuis plus de cinq ans, par opposition au logement neuf).
Le DPE est un rapport synthétique et informatif, qui donne une indication sur les performances énergétiques du logement à la date de sa réalisation. Il est donc un constat de la situation énergétique du logement à un instant T. Les diagnostics de performance énergétique doivent être réalisés par des diagnostiqueurs certifiés.
Le champ d’application du DPE est le suivant : le DPE s’applique à tout bâtiment (ou partie de bâtiment) clos et couvert situé en Hexagone, en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte. Certaines exceptions persistent, notamment pour les bâtiments non chauffés ou pour lesquels les seuls équipements fixes de chauffage sont des cheminées à foyer ouvert.
Le DPE est obligatoire dans les situations suivantes :
- Vente : le vendeur doit faire établir un DPE et le tenir à la disposition de tout candidat acquéreur.
- Location : le bailleur doit faire établir un DPE et le tenir à la disposition de tout candidat locataire.
- Construction ou extension de bâtiment : le maître d’ouvrage doit faire établir un DPE et le remettre à l’acquéreur au plus tard à la réception de l’immeuble.
L’ensemble des DPE réalisés doivent être transmis à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME).
Pour plus d’informations sur les diagnostics de performance énergétique, vous pouvez vous rendre sur la page dédiée sur le site de l’ANIL.
Tableaux : Consommation énergétique en KWh et émissions de CO2 par classe énergétique

1. Caractéristiques du parc de logements privés
Au 1er janvier 2024, le parc privé du département compte 203 267 logements, parmi lesquels 147 125 maisons et 56 142 appartements. Au total, 44 552 logements du parc privé sont loués dont 16 571 maisons et 27 981 appartements. Ainsi, 22 % du parc de logements privés se trouve dans le parc locatif.
Nombre de logements du parc privé par EPCI et part des logements locatifs
Période de construction des logements du parc privé et période de construction des logements diagnostiqués
Parmi les logements du parc privé, ceux construits avant 1948 sont majoritaires (53 %). Viennent ensuite ceux construits entre 1948 et 1974 (17 %), puis entre 1978 et 1982 (6 %). Les logements du parc privé construits après 2000 représentent environ 10 % du parc privé.
Les logements privés ayant fait l’objet d’un diagnostic de performance énergétique sont proportionnellement moins nombreux à avoir été construits avant 1948 (43 % contre 53 % dans l’ensemble du parc privé). À l’inverse, les logements construits entre 1948 et 1974 sont sur-représentés parmi les logements diagnostiqués (28 % contre 17 % dans l’ensemble du parc privé).
Pour les autres périodes de construction, les proportions sont relativement similaires entre l’ensemble des logements du parc privé et ceux ayant fait l’objet d’un diagnostic de performance énergétique. Du point de vue de la période de construction, les logements diagnostiqués ne sont donc pas réellement représentatifs de l’état du parc de logements privés en général, les logements les plus anciens, construits avant 1948, étant sous-représentés parmi eux.
Les réglementations thermiques
Les périodes de construction présentées sont à mettre en perspective avec les différentes réglementations thermiques encadrant la construction des logements :
- RT 1974 : première réglementation thermique, elle impose un premier niveau d’isolation dans un contexte de recherche de sobriété énergétique consécutif au choc pétrolier de 1973.
- RT 1988 : elle renforce les exigences en matière d’isolation et introduit la notion de consommation conventionnelle de référence.
- RT 2000 : elle généralise les exigences à l’ensemble des bâtiments neufs et intègre pour la première fois le confort d’été.
- RT 2005 : elle durcit les seuils de consommation énergétique et encourage le recours aux énergies renouvelables.
- RT 2012 : applicable aux constructions neuves à partir de 2013, elle constitue un tournant majeur en imposant un plafond de consommation énergétique primaire de 50 kWh/m²/an et en généralisant le principe du bâtiment basse consommation (BBC).
- RE (Réglementation environnementale) 2020 : entrée en vigueur en 2022, elle succède à la RT 2012, elle pose des exigences plus lourdes de performance énergétique et élargit son champ à un objectif de réduction de l’impact carbone des bâtiments sur l’ensemble de leur cycle de vie.
Part des logements du parc privé construits avant 1974 par EPCI

Dans le département de l’Allier, 70 % du parc de logements privés a été construit avant 1974, soit 7 logements sur 10 antérieurs à l’instauration de la première réglementation thermique. En proportion de son propre parc privé, c’est la Communauté de communes du Pays de Tronçais qui affiche la part la plus élevée de logements construits avant 1974 (81 %), avec 4 603 logements sur un total de 5 681. En revanche, si l’on considère l’ensemble des 142 236 logements privés construits avant 1974 dans le département, c’est la Communauté d’agglomération de Vichy Communauté qui en regroupe la plus grande proportion, soit 25 % (35 658 logements).
Ancienneté d’emménagement des ménages dans leur logement selon sa période de construction
Précision
Ce graphique représente la durée d’emménagement des ménages dans leur résidence principale selon sa période de construction. Le champs représenté n’est donc pas celui de l’ensemble des logements du parc privé mais est restreint aux logements du parc privé occupés par un ménage.
Les périodes de construction des résidences principales représentées dans ce graphique diffèrent des périodes de construction des logements du parc privé présentées au-dessus. Cette différence résulte de l’utilisation de la base détail logement de l’Insee, qui ne contient pas les mêmes périodes de construction que les fichiers fonciers.
La catégorie “tous statuts d’occupation” regroupe uniquement les deux statuts d’occupation analysés ici, à savoir les propriétaires occupants et les locataires du parc privé. Les locataires du parc HLM et les ménages logés gratuitement ne sont pas pris en compte.
L’analyse de l’ancienneté d’emménagement des ménages dans leur logement, croisée avec la période de sa construction, permet d’identifier une partie ancienne du parc privé qui semble relativement peu couverte par les DPE.
Lorsque l’on examine la durée d’occupation des logements, tous statuts d’occupation confondus, on constate que, parmi les deux périodes de construction les plus anciennes (avant 1946 et de 1946 à 1970), la part des ménages résidant dans leur logement depuis 30 ans ou plus atteint respectivement 27 % et 20 %. Ces proportions sont plus élevées parmi les propriétaires occupants : elles s’élèvent à 33 % pour les logements construits avant 1946, soit 12 526 résidences principales, et à 29 % pour ceux construits entre 1946 et 1970, soit 5 612 résidences principales. À l’inverse, la part des ménages occupant leur logement depuis 30 ans ou plus est nettement plus faible parmi les locataires du parc privé. Elle s’établit à 8,5 % pour les logements construits avant 1946 (moins de 1 000 résidences principales) et à 5,2 % pour ceux construits entre 1946 et 1970 (moins de 500 résidences principales).
Ces résultats permettent de faire l’hypothèse qu’une partie du parc privé occupée par des propriétaires résidant dans leur logement depuis plus de 30 ans constitue une forme de « zone grise » en matière de connaissance de la performance énergétique. La faible rotation de ces logements pourrait expliquer leur sous-représentation parmi les logements ayant fait l’objet d’un DPE. Cette partie du parc pourrait néanmoins présenter des performances énergétiques relativement faibles, notamment au regard de son ancienneté. De plus, les logements occupés depuis plus de 30 ans par les mêmes occupants sont à plus de 90 % des maisons.
Pour rappel, les logements construits avant 1948 sont sous-représentés parmi les logements ayant fait l’objet d’un diagnostic de performance énergétique. Par ailleurs, la répartition des étiquettes de performance énergétique selon la période de construction montre que les logements les plus anciens disposent des étiquettes de performances énergétiques les plus dégradées.
Ainsi, un nombre non négligeable de propriétaires occupants réside probablement dans des logements anciens dont la performance énergétique reste mal connue. Or, plus la durée d’occupation du logement est longue, plus l’âge des propriétaires est susceptible d’être élevé. Il convient donc de souligner qu’une partie des personnes âgées propriétaires de leur logement pourrait vivre dans un habitat ancien et énergétiquement peu performant, ce qui soulève également des enjeux en matière de repérage de ces logements et de l’amélioration des conditions de vie (lutte contre la précarité énergétique et lutte contre l’habitat indigne, maintien à domicile).
2. La qualité du parc
Distribution des étiquettes de performance énergétique des logements du parc privé
L’étiquette D est la plus représentée (32,7 %) parmi les logements du parc privé ayant fait l’objet d’un DPE depuis le 1ᵉʳ juillet 2021. L’étiquette C se trouve en seconde position avec 24,5 % des logements, devant les étiquettes E (20,7 %), F (10,8 %) et G (7,6 %). Les étiquettes A et B représentent quant à elles respectivement 1 % et 2,6 % des logements du parc privé ayant fait l’objet d’un DPE.
Les éléments présentés précédemment dans la note laissent penser que cette distribution des étiquettes énergétiques est plus favorable que l’état réel du parc. Les logements ayant fait l’objet d’un diagnostic de performance énergétique sont probablement les logements les plus qualitatifs du parc de logements privés :
- Les logements locatifs font plus souvent l’objet d’un DPE, du fait du durcissement de la réglementation en vigueur visant la décence énergétique et de la rotation des locataires.
- Les logements les plus anciens sont sous-représentés : les propriétaires occupants résidant dans un même logement depuis plus de 30 ans n’ont généralement pas de raison de faire réaliser un DPE, sauf s’ils sollicitent les aides de l’ANAH.
- Un nombre non négligeable de logements échappe également au DPE lors des ventes immobilières. D’après la base de données PERVAL, 11 % des transactions onéreuses de maisons ou d’appartements dans l’Allier n’avaient pas de DPE renseigné en 2025, contre 12 % en 2024 et 18 % en 2023.
Distribution des étiquettes de performance énergétique par EPCI
Source : Base DPE – ADEME - 08/09/2026 (Ministère de la Transition Écologique)
Vous pouvez consulter le tableau des étiquettes de performance énergétique par EPCI et par communes.
À l’échelle des EPCI, la distribution des étiquettes de performance énergétique suit la même tendance qu’au niveau départemental : l’étiquette D représente, dans l’ensemble des EPCI, la part la plus importante des diagnostics réalisés.
Les comparaisons entre EPCI ne sont toutefois pas recommandées, dans la mesure où le taux de réalisation des DPE varie fortement d’un territoire à l’autre. La distribution des étiquettes ne représente pas l’état réel du parc, mais seulement la partie qui a fait l’objet d’un diagnostic de performance énergétique. Ainsi, plus de 40 % des logements du parc privé ont fait l’objet d’un diagnostic de performance énergétique dans la Communauté d’agglomération de Montluçon, contre moins de 20 % dans la Communauté de communes du Pays d’Huriel. La structure du parc de logements privés influe à la fois sur le taux de réalisation des DPE et sur la répartition des étiquettes énergétiques observées. Le parc locatif étant davantage représenté dans les communautés d’agglomération, une part plus importante des logements privés y est couverte par un DPE, avec une plus forte proportion d’étiquettes énergétiques compatibles avec la mise en location des logements.
Distribution des étiquettes de performance énergétique selon la période de construction des logements
Les logements construits avant 1948 présentent les performances énergétiques les plus faibles, avec 55 % d’entre eux classés en étiquette E ou inférieure. Une amélioration significative s’observe pour les constructions réalisées entre 1989 et 2000 : les étiquettes F et G disparaissent presque totalement, tandis que la classe E ne concerne plus que 11 % du parc. Pour cette période de construction, 55 % des logements obtiennent une étiquette D, et 33 % atteignent la classe C ou supérieure. Pour les constructions postérieures à 2013, la tendance s’accentue nettement : 65 % se situent en catégorie C, 16 % en classe B et 14 % décrochent l’étiquette A. Les étiquettes inférieures à D deviennent marginales. Cette évolution met en évidence une corrélation claire entre l’ancienneté du bâti et la dégradation de la performance énergétique des logements diagnostiqués dans le cadre du DPE. La distribution des étiquettes énergétiques selon la période de construction du logement est à mettre en lien avec les différentes réglementations thermiques en vigueur lors de la construction.
Part des maisons et des appartements parmi l’ensemble des logements du parc privé
et parmi les logements ayant fait l’objet d’un DPE depuis juillet 2021
Dans l’ensemble du parc de logements privés, les appartements représentent 27,6 % des logements, contre 52,5 % parmi les logements ayant fait l’objet d’un DPE depuis juillet 2021. Ils sont donc largement surreprésentés parmi les logements diagnostiqués. Cette situation s’explique notamment par leur poids plus important dans le parc locatif privé, ces logements étant davantage soumis aux obligations réglementaires relatives à la réalisation d’un DPE pour la mise en location.
En effet, le parc privé compte 56 142 appartements, dont 27 981 sont proposés à la location, soit près de 50 % des appartements privés. À l’inverse, sur les 147 125 maisons que compte le parc privé, seules 11 % sont des logements locatifs. Cette différence de statut d’occupation se traduit directement dans la couverture du parc par les DPE : 65 % des appartements du parc privé disposent d’une étiquette énergétique, contre seulement 22 % des maisons. Les maisons apparaissent ainsi nettement sous-représentées parmi les logements ayant fait l’objet d’un DPE depuis juillet 2021.
Cette surreprésentation des appartements dans la base des logements diagnostiqués est donc principalement liée à leur forte présence dans le parc locatif privé. Alors qu’ils représentent 27,6 % de l’ensemble des logements privés, les appartements constituent 62,8 % des logements du parc locatif privé. Or, en raison des différentes obligations réglementaires qui s’appliquent aux logements locatifs, ces derniers sont davantage susceptibles d’avoir fait l’objet d’un DPE. Il n’est donc pas surprenant que les appartements représentent 52,5 % des logements diagnostiqués, soit une proportion nettement supérieure à leur poids réel dans l’ensemble du parc privé.
Cette structure doit être prise en compte dans l’interprétation de la distribution des étiquettes énergétiques issue de la base de l’ADEME. Les logements locatifs étant davantage représentés parmi les logements ayant fait l’objet d’un DPE, et les appartements constituant 62,8 % de ce parc locatif, les étiquettes énergétiques actuellement disponibles dans la base reflètent davantage les performances énergétiques des appartements du parc locatif privé que celles de l’ensemble des logements du parc privé. La distribution observée dans la base des DPE ne peut donc pas être considérée comme parfaitement représentative de la performance énergétique de l’ensemble du parc privé.
Réglementation pour les logements locatifs
Les logements locatifs doivent disposer d’un DPE en cours de validité lors de la signature du bail. Suite aux différentes évolutions réglementaires tous les DPE antérieurs au 1er juillet 2021 sont obsolètes, pour ceux réalisés à compter de cette date, les diagnostics voient leur validité rétablit pour 10 ans.
La loi Climat et résilience du 22 août 2021 prévoit l’interdiction progressive de la mise en location des logements les plus énergivores pour aboutir au 1er janvier 2034 à un parc locatif privé constitué de logements avec un classement énergétique situé entre A et D.
En France métropolitaine sont exclus :
- A compter du 1er janvier 2025, les logements en étiquette G
- A compter du 1er janvier 2028, les logements en étiquette F et G
- A compter du 1er janvier 2034, les logements en étiquette E, F, G
A cette interdiction s’ajoute des restrictions en matière d’augmentation et de révision annuelle des loyers pour les logements en classe F et G.
Distribution des étiquettes de performance énergétique selon le type du bâtiment
La comparaison de la distribution des étiquettes de performance énergétique des maisons et des appartements avec celle de l’ensemble des logements du parc privé met en évidence une meilleure performance énergétique des appartements. Ceux-ci contribuent ainsi à tirer la distribution globale vers les étiquettes les plus performantes, tandis que les maisons sont davantage représentées dans les classes énergétiques les moins favorables.
Cette différence est particulièrement marquée pour les étiquettes F et G. Alors que l’étiquette G représente 7,6 % de l’ensemble des logements diagnostiqués, elle concerne 11,7 % des maisons, contre seulement 4 % des appartements. De même, l’étiquette F représente 10,8 % de l’ensemble du parc, mais atteint 14 % pour les maisons et seulement 7,9 % pour les appartements. Les appartements sont donc nettement moins présents dans les catégories les plus énergivores.
À l’inverse, les appartements sont davantage représentés dans les classes énergétiques plus performantes. L’étiquette D, qui constitue la classe la plus représentée dans l’ensemble du parc diagnostiqué (32,7 %), présente une distribution relativement proche entre les deux types de logements : 30,8 % des maisons contre 34,3 % des appartements. En revanche, l’écart se creuse pour l’étiquette C, qui représente 24,5 % de l’ensemble des logements diagnostiqués, mais seulement 17 % des maisons contre 31,3 % des appartements.
Ainsi, la distribution des étiquettes énergétiques des appartements apparaît globalement plus favorable que celle des maisons : ils sont moins représentés dans les classes F et G et davantage présents dans les classes C et D. Compte tenu de leur poids dans le parc privé diagnostiqué, les appartements contribuent à améliorer la distribution énergétique globale des logements diagnostiqués.
Distribution des étiquettes de performance énergétique par type de logement et surface
Plus la surface du logement augmente, meilleure est globalement son étiquette énergétique. Pour les très petites surfaces (moins de 30 m² à 60 m²), la distribution est fortement tirée vers les classes énergivores : les étiquettes E, F et G concentrent une part importante des logements, en particulier pour les maisons, où la classe G peut représenter jusqu’à 24 % des biens de moins de 60 m². À mesure que la surface augmente (60 à 100 m²), le pic de la distribution se déplace vers les classes C et D, qui deviennent nettement dominantes, tandis que les étiquettes F et G reculent progressivement. Pour les grandes surfaces (100 m² et plus), la tendance se confirme et s’accentue : les classes C et D concentrent l’essentiel du parc, avec une part croissante de logements en B, alors que les étiquettes F et G deviennent marginales (souvent sous les 10 %). On observe également un écart récurrent entre appartements et maisons : les appartements affichent presque systématiquement une meilleure performance énergétique que les maisons de surface équivalente, ces dernières étant plus souvent représentées dans les classes F et G, notamment sur les petites surfaces.
3. Consommation d’énergie
Énergie principale utilisée pour le chauffage dans les maisons et les appartements diagnostiqués
Source : Base DPE – ADEME - 08/09/2026 (Ministère de la Transition Écologique)
Le gaz naturel ou GPL et l’électricité constituent les deux principales sources d’énergie utilisées pour le chauffage des logements, qu’il s’agisse de maisons ou d’appartements. Le gaz naturel ou GPL est plus fréquemment utilisé dans les appartements (47,4 %) que dans les maisons (36,8 %). À l’inverse, l’électricité chauffe une plus grande proportion de maisons (38,5 %) que d’appartements (34 %). Les maisons se démarquent par le recours à des énergies plus spécifiques comme le fioul domestique (13,1 %) ou le bois et ses dérivés (11,3 %). En revanche, 16,6 % des appartements sont raccordés à un réseau de chauffage urbain, une solution quasiment absente dans les maisons individuelles.
Dépenses médianes annuelles de chauffage au m² des appartements de 60 à moins de 80 m² selon l’énergie de chauffage et la classe énergétique
Source : Base DPE – ADEME - 08/09/2026 (Ministère de la Transition Écologique)
Dépenses médianes annuelles de chauffage au m² des maisons de 60 à moins de 80 m² selon l’énergie de chauffage et la classe énergétique
Source : Base DPE – ADEME - 08/09/2026 (Ministère de la Transition Écologique)
Lecture : Pour un appartement chauffé à l’électricité et classé C, la dépense médiane annuelle de chauffage s’élève à 8,4 € par m². Afin d’estimer le coût annuel médian, il suffit de multiplier ce montant par sa surface habitable, comprise ici entre 60 et 80 m². Ainsi, pour un appartement de 70 m², la dépense médiane annuelle de chauffage est estimée à 588 € (8,4 € × 70).
Point d’attention
Le tableau représente uniquement les dépenses liées chauffage. Il exclut donc les autres postes de consommation (eau chaude sanitaire, éclairage et auxiliaires).
Le gaz naturel et l’électricité étant les deux énergies de chauffage les plus répandues, il est utile de comparer leurs coûts annuels médians au m² selon l’étiquette énergétique et selon le type de logement (maison/appartement).
Plus la classe énergétique est mauvaise, plus les dépenses liées au chauffage sont importantes, quelle que soit l’énergie considérée. Le gaz naturel (énergie la plus utilisée pour le chauffage dans les appartements) affiche un coût annuel médian de 6,6 € au m² pour les appartements classés C, ce coût grimpe à 12,5 € pour les appartements classés D. Le chauffage par l’électricité est plus coûteux, puisqu’un appartement classé C dispose d’un coût de chauffage annuel médian de 8,4 € au m², ce coût s’élève à 13,9 € pour les appartements classés D.
Les maisons de 60 à moins de 80 m² affichent un coût annuel médian de 9,9 € au m² pour le chauffage à l’électricité en classe C (pour rappel, il s’agit de l’énergie de chauffage la plus utilisée dans le parc des maisons diagnostiquées). En étiquette D, ce coût annuel médian est de 14,8 € au m². Le gaz naturel affiche un coût plus faible, avec 8,8 € au m² en étiquette C contre 13,5 € en D.
Mode de calcul
Depuis le 1er juillet 2021, le calcul des consommations énergétiques du Diagnostic de performance énergétique (DPE) repose sur la méthode conventionnelle 3CL-DPE 2021, définie par l’arrêté du 31 mars 2021 relatif aux méthodes et procédures applicables au DPE. Cette méthode permet d’estimer, selon une utilisation standardisée du logement (19°C est la température de référence utilisée pour tout le calcul des besoins de chauffage). Cette température n’est pas constante en continu : la méthode prévoit un abaissement à 16°C à certains moments (typiquement la nuit, ou en journée en semaine selon les versions de la méthode), pour simuler un usage “raisonnable” du chauffage.) les consommations d’énergie finale liées notamment au chauffage, à la production d’eau chaude sanitaire, au refroidissement, à l’éclairage et aux auxiliaires.
Les consommations ainsi calculées sont ensuite converties en euros afin d’obtenir une estimation des dépenses annuelles d’énergie. Le calcul repose sur des tarifs réglementaires de l’énergie, et non sur les prix réellement payés par l’occupant dans le cadre de son contrat. Ces tarifs sont notamment définis et actualisés par les pouvoirs publics, l’arrêté du 25 mars 2024 précise par exemple que, pour l’électricité et le gaz naturel, les prix sont établis par tranche de consommation et comprennent le coût de l’abonnement.
Ainsi, le montant en euros présenté dans le DPE correspond à une estimation conventionnelle fondée sur les caractéristiques du logement, sa consommation théorique et les tarifs réglementaires applicables à la date du calcul. Il ne constitue donc pas une prévision exacte de la facture énergétique réelle du logement.
Les modalités d’évaluation du DPE d’un logement ne sont pas figées et évoluent au gré des différentes révisions de la méthode de calcul. Ainsi, l’arrêté du 25 mars 2024 a modifié les seuils des étiquettes de performance énergétique pour les logements de petite surface. Plus récemment, l’arrêté du 19 août 2026 prévoit une modification du facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité, qui passera de 1,9 à 1,7 à compter du 1er janvier 2027.
Ces évolutions sont susceptibles d’avoir des répercussions sur la répartition des logements entre les différentes étiquettes de performance énergétique. Afin de tenir compte de l’évolution des modalités de calcul du DPE, cette note thématique est régulièrement mise à jour. Elle intègre ainsi les nouveaux DPE réalisés et permet de suivre les effets des modifications apportées à la méthode de calcul du DPE.